top of page

BIZARR'ART 2026

THIERRY SARRA - LACENDRE - MARINA POPOVIĆ - VIRGILIO PATIÑO - JEAN KINSELLA GABRIELA LIUBA LOOR - NICOLAS QUEVEDO - STEFAN BEIU - STAFE


SPECIAL GUESTS : LLORENZ SENDRA & XIMENA CORCUERA

Exposition collective
14.10.26 - 31.10.26

Bizarr’art 2026 ne célèbre pas l’étrange pour lui-même, mais une posture : celle d’artistes qui déplacent les cadres du regard et ouvrent des brèches dans notre perception du réel. L’exposition réunit des pratiques qui, chacune à leur manière, questionnent les normes de représentation et les frontières entre réel et imaginaire, présence et absence, mémoire et fiction.


Dans le prolongement des avant-gardes surréalistes, mais aussi de certaines pratiques contemporaines qui ont fait de la marge un territoire de création, les artistes de cette édition subvertissent les codes établis pour faire émerger d’autres récits. Ici, l’altérité n’est pas envisagée comme une anomalie, mais comme une puissance poétique : une manière différente d’habiter le monde, de le regarder et de le réinventer.


Nicolas Quevedo, photographe colombien, délaisse la représentation strictement documentaire pour s’aventurer dans des territoires oniriques où l’image devient le lieu d’une possible existence alternative. Ses photographies évoquent cette tradition de la photographie surréaliste, de Man Ray à certaines expérimentations contemporaines, dans laquelle le réel n’est plus une fin mais un point de départ. Ses univers, traversés de vitalité, de sensibilité et de rêve, proposent une échappée hors de l’individualité et ouvrent l’image à un imaginaire presque mental.


Avec Lacendre, le temps devient matière. À travers le fusain, l’artiste travaille la fragilité du geste, de la surface et du portrait. La matière brute, volontairement instable, semble enregistrer les transformations du temps tout en donnant au visage une présence presque physique. Son approche peut évoquer la puissance expressive du portrait chez Käthe Kollwitz, où le médium ne décrit pas seulement un corps mais en révèle la densité émotionnelle. Chez Lacendre, lumière, matière et effacement entrent en tension : le portrait cesse d’être une simple représentation pour devenir une expérience de regard, une rencontre silencieuse entre l’œuvre et celui qui la contemple.


Thierry Sarra puise quant à lui dans l’histoire de l’art, la culture populaire et l’inconscient collectif pour construire des récits où les images semblent appartenir à un rêve commun. Dans une filiation assumée avec le surréalisme et les pratiques du collage, ses compositions rappellent notamment les stratégies de détournement et de réappropriation développées par Max Ernst, tout en faisant écho à des artistes contemporains tels que John Stezaker. Les œuvres classiques y sont fragmentées, déplacées, déconstruites puis recomposées. Leur familiarité devient alors troublante : ce que l’on croyait connaître se transforme en une nouvelle fiction, entre mémoire collective, absurdité et imaginaire.


Le travail de Gabriela Liuba Loor s’inscrit dans une réflexion plus intime sur la place : celle du corps, de l’individu et de sa présence dans la société. À travers son expérience du handicap et de la récupération, elle interroge ce qui demeure lorsque le visible ne suffit plus à raconter une expérience. Son travail fait ainsi résonner certaines recherches de l’art contemporain autour du corps, de la trace et de l’absence, de Louise Bourgeois à Ana Mendieta, où le corps peut devenir à la fois matière, mémoire et territoire.


Marina Popović développe une recherche autour de la peinture, du geste et des multiples possibilités de l’image. Son travail s’inscrit dans une réflexion sur l’« œuvre ouverte », où l’image demeure en mouvement et se transforme selon le regard qui la rencontre. À la croisée de la peinture et des médias contemporains, elle questionne ainsi la frontière entre réel, perception et imagination, dans une approche qui évoque les recherches de l’art abstrait et de la peinture gestuelle.


Lecomitz développe une peinture fondée sur le geste, le mouvement et la construction de l’espace. Dans Les Faucheurs, les corps inclinés et les lignes répétées composent un rythme continu, évoquant la dimension cyclique et presque chorégraphique du travail agricole.


Virgilio Patiño, figure majeure du paysage colombien et contemporain de Fernando Botero, appartient à la dernière génération associée à l’École de la Sabana. À partir de 1968, il développe une technique singulière de peinture inversée sur verre et acrylique transparent, donnant à ses paysages une luminosité et une profondeur remarquables.


Carlos Arango est un artiste plasticien de Oaxaca, influencé par Basquiat et Pollock. Ses œuvres colorées expriment ses émotions et racontent des moments de sa vie.


STAFE est un graffeur indépendant qui pratique le graffiti depuis l’adolescence. Inspiré par la rue, les trains et les paysages urbains, il développe un style reconnaissable aux lettres simplifiées et aux couleurs vives. Aujourd’hui, il explore différents supports tout en conservant la bombe aérosol comme outil principal.


Jean Kinsella, issu du milieu du théâtre et du cinéma, est un peintre engagé spécialisé dans les portraits. Son travail met en lumière des figures emblématiques de la lutte pour les droits humains, ainsi que des personnes anonymes confrontées aux conflits et aux injustices. Il cherche à raconter des histoires de courage, de résistance et de résilience.


SYNC SS27, créée par Ximena Corcuera avec Llorenz Sendra, explore la mode comme un moyen d’expression, d’empathie et de connexion. Inspirée par la neurodivergence, la collection transforme les émotions, les gestes et les sensations en vêtements sculpturaux, invitant à communiquer au-delà des mots.


À travers la diversité de leurs pratiques, les artistes réunis dans Bizarr’art 2026 partagent une même volonté : déplacer le regard pour révéler ce qui se situe au-delà des apparences. Qu’il s’agisse du rêve, du geste, du paysage, du corps, de la mémoire ou de la réinvention des images, chacun propose une manière singulière de franchir les frontières du réel.


Le « bizarre » devient alors moins une esthétique qu’un espace de liberté : celui où les repères se déplacent, où le familier devient étrange et où l’invisible peut enfin prendre forme. Ces artistes transforment ainsi l’écart, la singularité et l’altérité en véritables forces poétiques, faisant de l’exposition un territoire où le regard est invité à voir autrement.


Inès El Aoufir

Coordinatrice d’expositions

Thierry Sarra

bottom of page