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Lacendre

Algérie - France

À travers le carbone, des supports bruts et des matériaux parfois transparents, je développe des portraits qui interrogent la perception, la présence et la relation entre l’œuvre et son spectateur.

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BIZARR'ART 2026
À propos de l'artiste

Ma recherche artistique part d’une question simple : et si le portrait existait physiquement... et continuait à évoluer ?

Depuis près de deux ans, je développe une pratique autodidacte construite autour d’un matériau presque unique : le carbone. Je travaille sur des supports bruts, sans fixatif ni produits destinés à modifier ou stabiliser la matière. Ce choix n’est pas seulement technique. Il constitue le point de départ d’une réflexion sur la matière, sa fragilité, son comportement et sa capacité à transformer l’œuvre dans le temps.

Mon travail a commencé autour du portrait et de la Joconde, avec une volonté initiale : rendre le visage plus réel que simplement esthétique, et lui donner une présence capable d’entretenir une relation avec celui qui le regarde. La découverte fortuite d’un effet de suivi du regard m’a conduit à poursuivre l’expérience plutôt qu’à simplement la reproduire.

Progressivement, ma démarche est devenue une recherche sur la perception elle-même. J’ai commencé à modifier volontairement les repères visuels qui permettent habituellement au cerveau d’interpréter un visage, sa direction et sa position dans l’espace. Le portrait est alors devenu un terrain d’expérimentation : que reste-t-il lorsque les repères habituels disparaissent, se déplacent ou se contredisent ?

Cette recherche m’a conduit à explorer des situations où le regard semble conserver sa présence malgré l’inversion du portrait, les changements d’angle, le mouvement, la lumière ou encore la transformation du support. Puis l’expérimentation s’est déplacée vers des matières de plus en plus improbables, notamment le tissu transparent, où le portrait n’est plus simplement posé sur une surface mais semble apparaître entre la lumière et l’ombre.

Ainsi, dans mon travail, matière, support et perception ne sont jamais totalement séparés. Le support participe au comportement de l’œuvre. La lumière peut la révéler ou l’effacer. Le carbone peut rester visible, se diffuser ou s’intégrer à la matière. Et le spectateur devient lui-même une partie de l’expérience, puisque son déplacement peut modifier ce qu’il perçoit.

Cette démarche m’amène également à considérer certaines œuvres comme des portraits vivants. La matière, laissée volontairement sans fixatif, reste en contact avec son environnement et peut évoluer. L’œuvre n’est donc pas nécessairement un objet définitivement terminé : son existence peut se poursuivre à travers sa matière, son environnement et l’expérience de celui qui la regarde.

C’est dans cette continuité que naissent des expérimentations comme l’inversion, la transparence, la migration du regard d’un support à l’autre ou encore la recherche d’un regard capable de conserver sa présence dans des configurations inhabituelles.

Au fond, ma recherche ne consiste pas seulement à représenter un visage. Elle cherche à explorer ce qui fait qu’un portrait devient une présence.

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